Culture et coutumes
Les Polynésiens ont su préserver un style de vie en accord avec la nature. En dehors de la zone urbaine de Tahiti, la vie quotidienne des habitants est encore rythmée par les activités traditionnelles telles que la pêche, la culture des fruits, légumes et fleurs et un style d'habillement simple en short et “pareu”. Dans les autres îles, la vie est concentrée autour d'un village, souvent le seul de l'île ou de l'atoll. La pirogue à balancier, emblème culturel de Tahiti, est utilisée dans toutes les îles.
Les langues indigènes ont également été préservées : le Tahitien dans les Îles de la Société, le Marquisien aux Marquises, le paumotu aux Tuamotu et le mangarévien aux Gambier. Ce sont les langues utilisées dans les chants polyphoniques, souvent accompagnés par des danses traditionnelles, transmettant de génération en génération les faits de guerre, les mythes et les légendes.
La fleur à l'oreille
Une “vahine” qui porte une fleur sur l'oreille droite signifie qu'elle est libre et recherche un ami ou un amoureux, quand elle la porte sur l'oreille gauche signifie qu'elle est prise, réservée ou mariée. C'est pareil pour un “tane”.
Les colliers de fleurs
Dans les années 50/60, lorsque des gens aimés, quittaient leurs proches ou leur famille et partaient en bateau, ils leur étaient offerts des colliers ou des couronnes de fleurs.
La coutume était de les jeter à l'eau dès que le bateau commençait à quitter le port. Les yeux de tout le monde étaient sur le collier ou la couronne correspondante... pour voir si elle revenait sur le rivage ou si elle partait vers la mer. Ainsi, on savait dans son cœur si la personne allait revenir au “fenua” ou pas.De nos jours, on accueille à l'arrivée avec des colliers ou des couronnes de fleurs, pour souhaiter la bienvenue. On dit au revoir, a l'aéroport avec des colliers ou des couronnes de coquillages, pour que les personnes puissent garder ces objets en souvenir.
Les mamas de l'aéroport ont inventé les colliers de coquillages pour le retour car il était interdit de transporter des fleurs dans les autres pays, question phytosanitaire.
Fa'amu
Le système familial est difficile à appréhender et particulièrement déconcertant pour un Occidental. Quand un enfant naît, il a une mère "de sang" et une mère “fa'amu”. Ce peut-être quelqu'un de la famille élargie (voir fetii ci-dessous) ou quelqu'un d'étranger à la famille mais la mère “fa'amu” considère l'enfant comme le sien et doit subvenir à tous ses besoins.
Certains étrangers viennent à Tahiti et adoptent des enfants tahitiens. À partir de ce moment-là, ils deviennent les parents “fa'amu” de l'enfant. Être parent “fa'amu” a autant d'importance que les véritables parents de l'enfant.
En Polynésie, il y a la culture du “teiki” la culture de l'enfant roi. C’est-à-dire que l'on doit chérir les enfants car ils représentent l'avenir. C'est pour cela que des parents tahitiens donnent des parents “fa'amu” à leurs enfants, c'est pour qu'ils vivent mieux même s'ils doivent partir chez leurs parents “fa'amu” en métropole. Ainsi, elle offre aux enfants la possibilité de vivre dans un milieu plus propice et plus attentionné. Ceux-ci gardent souvent le contact avec leurs parents biologiques. De plus, cette pratique permet à ceux qui ne peuvent pas avoir d'enfants, de connaître ce bonheur.
L'adoption “fa'amu” est dans la nature de la culture tahitienne, un véritable don et non un abandon de l'enfant.
Fetii
Il faut comprendre la famille polynésienne comme un système élargi, englobant les parents, enfants, oncles, tantes, cousins, petits-cousins, grands-parents, etc. Les membres de cette famille élargie sont les “fetii”. Un habitant des îles éloignées peut compter sur un “fetii”, habitant Tahiti, pour l'accueillir et l'aider.Umu ti
Dans l'ancien temps, le rite du “umu ti” symbolisait l'hommage de l'homme à la nature. On y célébrait les richesses de la mer, les nourritures de la terre, l'homme pour son côté divin et le “marae” pour son côté sacré. On organisait aussi des “umu ti” pour obtenir des faveurs spéciales de la part des dieux. On leur demandait par exemple que les pêches ou les récoltes soient fructueuses. Pour organiser cette cérémonie, il faut d'abord réunir des pierres poreuses, celles qui peuvent résister aux températures élevées. On les dispose côte à côte dans une fosse creusée à cet effet, d'environ 8 mètres sur 4. Auparavant on aura pris soin de disposer des troncs de “aito” puis on y met le feu. Le brasier doit brûler pendant une douzaine d'heures.
Mais de nos jours, ces méthodes ont quelque peu évolué. Le “tahua”, le grand prêtre cueillent des feuilles de“ti” et les portera au “marae” le plus proche pour y être consacrées. Il les récupérera le lendemain pour la cérémonie et les placera dans l'enceinte sacrée autour du four. Dès ce moment-là cet espace devient “tapu” et la cérémonie peut commencer. Les feuilles de “ti” sont les gardiennes du four. Elles servent à chasser les mauvais esprits du lieu sacré. Pendant la cérémonie, le “tahua” prend une gerbe de ces feuilles et traverse le four. Il marche lentement en récitant des incantations sacrées.
Puis il fait le tour du four en frappant les pierres chaudes avec ses feuilles de“ti” C'est seulement à partir de ce moment-là que la foule est autorisée à traverser le “umu ti”.
Mahu et Rae rae
C'est une particularité typique polynésienne : le “mahu” constitue une passerelle entre hommes et femmes. Cet homme "à goûts féminins" a été l'objet, de la part des voyageurs, d'une fascination presque égale à celle qu'exercent les “vahines”. Il est aujourd'hui remplacé par les “rae rae”.
Le “mahu” n'aurait rien de particulier à la Polynésie et se confondrait avec les invertis ou travestis du monde entier s'il n'avait dans les îles une place très déterminée, faite de sympathie et même de considération. Sa présence est liée à une coutume familiale encore répandue : dans de nombreuses familles, le fils aîné est élevé comme une fille et en prend les attitudes. Il devient un homme chez qui prédomine la nature féminine dans les goûts, l'aspect, la toilette, les occupations. Il n'y a là, comme dans toutes les formes de la sexualité indigène, aucune perversité. Si le “mahu” n'est pas "normal", au moins on ne peut pas dire qu'il ne soit pas "naturel". Il naît “mahu”, il grandit “mahu”, il est “mahu” comme on est homme ou femme. Le Polynésien, qui ne se soucie pas de morale, n'a aucune raison de condamner le “mahu”. Bien au contraire, le caractère exceptionnel du personnage, sa douceur, sa serviabilité, le font bénéficier de l'estime générale. Il arrive même qu'il soit considéré comme un porte-bonheur ou un fétiche. Ils sont très appréciés dans la restauration et l'hôtellerie pour la finesse de leur service.
Dans le langage courant, les “mahu” désignent plutôt les personnages efféminés alors que les “rae rae” sont les travestis qui se livrent expressément à la prostitution dans le quartier chaud de Papeete.
