Le tressage
Le tressage est à l'origine une spécialité des îles Australes, mais on trouve aujourd'hui des articles tressés dans toute la Polynésie.
Le végétal principalement utilisé est le pandanus, mais on tresse également la feuille du cocotier (niau) ou le bambou local (ofe). Les articles réalisés sont traditionnellement des chapeaux, des paniers ou des nattes (peue).
On tresse depuis… la nuit des temps aux Australes
De mémoire de femme, on a toujours tressé aux Australes. Les fillettes commencent leur apprentissage vers l’âge de 9 ans. On leur apprend d’abord à rouler le pandanus, principale matière première de cette activité séculaire. Il s’agit du pandanus à feuilles longues (l’autre pandanus, à feuilles courtes, est uniquement utilisé pour la couverture des fare). Ces feuilles, d’une largeur d’une dizaine de centimètres et d’une longueur de deux mètres environ, sont débarrassées de leur nervure centrale puis grossièrement tressées ensemble pour un séchage de trois semaines à un mois. Elles sont d’abord pendues au toit de maisons ou dans les arbres avant d’être étalées sur le sol. Une fois séchées, les feuilles sont enroulées les unes sur les autres pour former des rouleaux de 40 cm de diamètre environ soit une cinquantaine de feuilles par rouleau.
On estime à 2 500 le nombre de rouleaux de pandanus exportés chaque année de Rimatara vers Papeete. Il faut environ deux ans pour qu’un pandanus puisse donner des feuilles utilisables en vannerie. Malgré ce rythme assez rapide, la matière première est nettement limitée et c’est un obstacle important au développement de cet artisanat.Le rouleau de pandanus se négocie aux alentours de 750 CFP à Rimatara. Il vaut 1 300 CFP sur le quai du port de Papeete et 1 500 CFP au marché.
Avec le développement de l’artisanat et du tourisme, la vannerie polynésienne a évolué vers une plus grande diversité d’articles. On trouve désormais des porte-monnaie, des étuis à cigarettes, des éventails, des bracelets, des sandales, des boucles d’oreille, etc. Néanmoins, les tapis (peue), les paniers et les chapeaux constituent encore l’essentiel de la production.
PeueLe peue « standard » est un rectangle de 2,5 par 2,3 m. D’autres dimensions sont disponibles sur commande. Il existe deux façons différentes de tresser les peue : le tressage large et le tressage fin, celui-ci étant naturellement d’une qualité et d’une esthétique supérieure. Le travail se fait généralement en équipe de deux ou trois femmes. Il faudra une journée pour réaliser un peue de taille standard. Celui-ci vaudra 10 000 CFP sur place à Rimatara et 15 000 CFP à Papeete. On tresse également des peue ronds. C’est un peu plus long et délicat. Ils font generalement 1,5 m de diamètre et valent 5 000 CFP à Rimatara, 7 000 à Papeete.
Paniers
Le nombre de modèles de paniers réalisés par les tresseuses polynésiennes est indéfini. Elles adorent reproduire en pandanus les sacs qu’elles voient ici où là. Le plus classique, le plus simple et le plus vendu reste néanmoins le "panier marché" qui sera fabriqué en moins d’une demi-heure au prix de 1 000 CFP. Un panier plus sophistiqué atteindra 5 000 CFP pour une demi-journée de travail.
Chapeaux
Aux temps anciens, tout le monde portait le canotier qui revient à la mode. Peu à peu, les modèles se sont diversifiés et l’on voit désormais des chapeaux de toute sorte, parfois véritables oeuvres d’art.
Il faut à peu près trois jours pour réaliser un de ces chapeaux. La première étape consiste à fabriquer des tresses. Il en faut une vingtaine de mètres (douze brassées selon le mode de mesure local). C’est le travail le plus long. Ces tresses sont ensuite cousues ensemble, à la machine. Un tel chapeau coûte de 2 500 à 3 500 CFP. S’il est fabriqué en niau ou en roseau de Rapa, le prix peut monter jusqu’à 10 000 ou 15 000 CFP. Des chapeaux plus simples, pour la vie quotidienne, sont tressés à la main directement sur gabarit. Ils ne coûtent que 1 500 à 2 500 CFP.La réussite d'un chapeau dépend de l'habileté de la personne qui exécute le tressage mais aussi du choix et surtout de la préparation de la matière première. Les matières utilisées sont en effet nombreuses et variées, sélectionnées en fonction de la destination que l'on veut donner au chapeau. Celui que l'on désire porter à la messe ne sera bien évidemment pas façonné de la même manière ni avec les mêmes éléments que celui que l'on désire offrir à un ami. La paille de pandanus n'était autrefois employée que pour les coiffures de travail, n'ayant pas d'autre traitement à subir que le séchage et constituait la matière la moins noble dans le domaine. De nos jours, des coiffures très acceptables sont réalisées avec la variété de pandanus fara paeore grâce à un tressage plus serré taupo'o paeore ou par l'ajout d'une décoration à base de fleurs de toetoe, roseau sauvage qui fleurit une fois par an au mois de mai taupo'o hau ou bien encore en faisant un harmonieux mélange de gousses d'acacia et de pandanus, ajustant sur le tout une couronne de gousses de cocos et de fleurs séchées de “mo'u" (taupo'o acacia).
