Artisanat Polynésien
Un art reconnu
L’artisanat participe à la satisfaction de la demande intérieure de biens et de services, complétant ainsi l’offre du secteur industriel, et à la valorisation des ressources locales. A ce titre, il apporte une réponse aux préoccupations actuelles en matière d’emploi, d’exclusion sociale et contribue au maintien des populations dans les archipels.
Un grand nombre d’objets traditionnels sont encore fabriqués aujourd’hui selon des principes séculaires. De nombreux centres artisanaux sont présents dans chaque île, et regroupent des centaines d'associations réparties par spécialités.
La maîtrise des savoir-faire ancestraux, l'adresse et le sens de l'esthétique hors du commun étaient les conditions nécessaires à la réalisation des objets de prestige des plus complexes tels que capes de plumes ou ornements en tresse de cheveux.
Chaque archipel de la Polynésie française tente de tirer profit de son savoir-faire et de ses matériaux afin de revendiquer un style reconnaissable, à travers les divers modes d'expression de sa communauté : tressage, sculpture sur bois (pierre, corail, nacre, os), couture, confection d'ornements.
Le goût de l’observation et l’amour de la nature se retrouvent dans les somptueux "tifaifai", couvre-lits aux motifs végétaux ou ethniques cousus à la main.
Le tapa
Cette étoffe végétale dont la technique de l'écorce battue fut pratiquée en Amérique Centrale, en Amérique du Sud, en Afrique Centrale et en Indonésie, est surtout connue dans toute l'Océanie. Plus particulièrement, le tapa de Tahiti avait atteint un stade de perfection tel que sa réputation s'étendait à tous les archipels et que sa finesse retarda son abandon lorsqu'il dut rivaliser avec les tissus introduits par les premiers étrangers.
Outre sa fonction vestimentaire, le tapa avait un rôle social important. Lors d'un mariage, le couple devait souiller de sang un grand tapa blanc, dont la partie tachée était enterrée dans le “marae”. Il était aussi, nous l'avons vu, utilisé au cours de rituels religieux et funéraires. Symbole de richesse, le tapa était associé aux cadeaux et aux échanges.
La vannerie
De mémoire de femme, on a toujours tressé aux Australes. Les fillettes commencent leur apprentissage vers l’âge de 9 ans. On leur apprend d’abord à rouler le pandanus, principale matière première de cette activité séculaire. Il s’agit du pandanus à feuilles longues (l’autre pandanus, à feuilles courtes, est uniquement utilisé pour la couverture des “fare”).Avec le développement de l’artisanat et du tourisme, la vannerie polynésienne a évolué vers une plus grande diversité d’articles. On trouve désormais des porte-monnaie, des étuis à cigarettes, des éventails, des bracelets, des sandales, des boucles d’oreille, etc. Néanmoins, les tapis “peue”, les paniers et les chapeaux constituent encore l’essentiel de la production.
Chapeaux
Les modèles sont très diversifiés et l’on voit désormais des chapeaux de toutes sortes, parfois véritables œuvres d’art.
Sculpture
Elle est l’un des arts majeurs de la Polynésie et principalement d’inspiration marquisienne.
Autrefois, il existait une sculpture “maohi”. Elle était sacrée, guerrière ou participait de la vie quotidienne. De ce passé traditionnel a resurgi depuis quelques décennies une sculpture désormais
décorative, mais qui n’a perdu ni la force, ni l’authenticité de son ancêtre. Cette sculpture est fortement inspirée du passé. Pour cela on sculpte selon l'inspiration d'après des motifs ancestraux, graphiques et symboliques, dans des bois précieux, "tou" ou palissandre local, "miro" ou bois de rose. Les Marquisiens excellent dans ce domaine en produisant de superbes pièces, lances, casse-tête et "umete", fruitier pouvant servir de grand plat. On recourt aussi aux pierres volcaniques, aux coraux, et même aux os pour façonner mille objets décoratifs ou utilitaires comme le "penu", pilon. Les artisans s’efforcent le plus souvent de reproduire.Il ne faut pas manquer les “tiki”, en pierre ou en bois, reproduction sculptée des dieux polynésiens d’antan..
De nos jours la sculpture s’exerce aussi sur des panneaux muraux, sur des piliers d’habitations ou d’hôtels, sur des meubles qui n’existaient pas dans les temps anciens.
La sculpture constitue un élément fondamental de l’enseignement dispensé aux élèves du Centre des Métiers d’Art de Papeete. Les jeunes gens montrent un grand intérêt pour cet artisanat renaissant et plein d’avenir.
Tifaifai, originaux couvre-lits
En “reo maohi” (langue tahitienne), “tifaifai” signifie raccommoder. Les premiers missionnaires européens, à partir de la fin du 18ème siècle, ont apporté avec eux les tissus, inconnus jusqu’alors en Polynésie. Mais la matière restait rare et même les chutes étaient précieuses. Pour les utiliser, les Polynésiennes ont appris le patchwork qu’elles ont adapté à leurs besoins et à leurs goûts.Le résultat était assez réussi et la technique s’est peu à peu améliorée. On ne se contente plus de chutes. Avec le développement du commerce et des importations, on peut désormais choisir sa matière (du drap de coton) et ses couleurs. Le “tifaifai”, couvre-lit ou coussin, est alors devenu un élément important de la décoration intérieure polynésienne.
Travail de femme, le “tifaifai” s’est surtout répandu à Tahiti. On le rencontre également aux îles sous le Vent et, plus récemment, aux Tuamotu.
Il existe deux principaux types de “tifaifai” :
• Le “tifaifai pû” en mosaïque forme comme à l’origine de petits morceaux d’étoffe cousus ensemble pour constituer des motifs généralement géométriques (croix, losanges, étoiles, rose des vents, etc.).
• Le “tifaifai paoti” en appliques plus typiquement tahitien.
Le “tifaifai” est traditionnellement un cadeau de mariage et sa confection est souvent une activité familiale.
